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Pour la majorité des dirigeants, la bonne santé de leur entreprise passe par la bonne santé de leurs salariés. Or, un quart des salariés entretient une relation “particulière” avec l’alcool (8% de dépendants augmentés de 16 % de consommateurs excessifs menacés). Aussi, toutes les entreprises, à plus ou moins grande échelle, devraient se sentir concernées par les conséquences de l’alcool au travail et y réfléchir.
Les entreprises de travaux publics ou de transports ne sont certainement pas les seules concernées, aucun secteur n’est épargné. Les conséquences peuvent être dramatiques, des accidents peuvent se produire. Et de fait, à court, moyen ou long terme l’alcoolisation de salariés peut avoir des conséquences pour leur santé ainsi que sur la bonne marche et la prospérité de l’entreprise. Pourtant, un salarié sur quatre consomme de l’alcool avec ses collègues ou ses clients et la France, avec 5 millions de buveurs excessifs, occupe une position “privilégiée” en matière d’alcoolisme. Aujourd’hui, alors que se multiplient, auprès du public, les mises en garde et les campagnes de prévention, trop de comportements irresponsables en ce domaine perdurent, dans le monde du travail. Relevant de la “tradition” ou d’un “folklore interne”, notamment pour beaucoup de structures de plus de 50 salariés, les pots alcoolisés font souvent partie, au même titre que l’arbre de Noël, de la culture de l’entreprise. De plus, Il apparaîtrait inconcevable, pour beaucoup de dirigeants, de cadres, de syndicalistes, d’imposer des restrictions à ces pratiques. En interdisant notamment toutes les boissons à fort degré d’alcool ou en imposant un alcooltest au sortir de ces réunions. Pourtant, l’alcool est, entre autres, responsable de plus d’un tiers des accidents de la route (les accidents de trajet représentent 61,2 % des accidents mortels du travail enregistrés par la CNAMTS). Et les conséquences de l’alcoolisme ne s’arrêtent pas là, l’alcool est la cause directe (cancers, cirrhoses,…) ou indirecte (accidents, suicides, homicides) de 45.000 décès annuels, soit plus de 10% de la mortalité toutes causes confondues. L’alcool est aussi présent dans 41% des agressions sexuelles, et dans 30% des agressions physiques. Sans oublier les ravages causés au sein des familles et difficilement chiffrables.
Conséquences pour l’entreprise, quelques chiffres fixent les enjeux :
- L’alcool est responsable directement, à lui seul, de 10 à 20% des accidents du travail.
- L’absentéisme lié à l’alcoolisme représenterait 4 à 5 millions de journées perdues/an et on estime la perte de productivité annuelle à 16 milliards d’euros.
- Une étude EDF-GDF a démontré que les absences au travail des personnes dépendantes à l’alcool sont multipliées par 3,3 par rapport aux personnes non dépendantes. Cette même étude estime le coût de ces absences à 9 200 euros par personne et par an.
Les coûts cachés de la consommation représenteraient pour l’entreprise 1,25 % de la masse salariale.
Absentéisme
L’alcoolique dépendant est fréquemment en retard ou absent du travail. Cela est dû à son état permanent, à l’affaiblissement progressif de sa santé et aux effets cumulés des prises d’alcool. Le syndrome de « gueule de bois », souvent d’après-week-end, peut surgir le matin et empêcher toute activité, notamment professionnelle. Un pourcentage important d’arrêts de courte durée est dû à l’alcool. Cela s’explique en partie par l’état physique et psychique du dépendant et par le peu d’intérêt pour son travail que cela induit.
Accident du travail
L’alcool est responsable à lui seul de 10 à 20% des accidents du travail, avec une fréquence plus importante chez les alcoolodépendants. Ces chiffres sont particulièrement vrais dans les domaines où l’activité est manuelle, car le risque de blessures est plus fort.
Arrêts de travail
Hormis les dégâts occasionnés sur le système nerveux et sur l’équilibre mental de l’alcoolique, une santé fragilisée le rend aussi plus vulnérable aux maladies. Les blessures et contusions qui se retrouvent fréquemment chez les alcoolodépendants ne vont qu’accroître les handicaps et les cessations de travail.
Rappelons que l’alcool impacte fortement l’ensemble de l’organisme : cerveau, yeux, cœur, estomac, système nerveux,…
Relations professionnelles, sociales :
Les effets de l’alcool se font également clairement ressentir au niveau du travail : oubli, erreur, perte de motivation, lenteur, improductivité, refus de respecter les consignes ou les règles de fonctionnement ou de discipline. Quelquefois même, refus caractérisé d’effectuer tout travail, voire des actes de violence ou d’insubordination caractérisés à l’encontre de supérieur hiérarchique.
En créant des états, des réactions d’euphorie ou au contraire d’atonie, l’alcool peut modifier, altérer, compromettre la qualité des relations professionnelles. En effet, en fonction de la durée, de la fréquence et de la nature de sa consommation, les réactions de l’alcoolique sont susceptibles de faire apparaître des problèmes dans la qualité de son travail ou des dysfonctionnements à son poste.
Le malade alcoolique perd aussi, au fil de son alcoolisation, ses engagements comme salarié, ses notions de devoir et de responsabilité, il est alors difficile voire impossible de compter sur lui et il peut alors rapidement devenir un fardeau pour l’entreprise.
Que peut faire le dirigeant et que dit la loi :
Fautes
L’état d’ébriété est proscrit sur le lieu de travail. Une simple faute professionnelle susceptible de sanction disciplinaire peut être adressée à l’employé alcoolisé.
La sanction peut aller jusqu’au licenciement. La faute peut aussi être due à un incident survenu à cause de l’état d’alcoolisation (accident dû à une inattention, mise en danger de l’alcoolodépendant ou de ses collègues,…).
Licenciement
Les fautes, abandons de poste, diminution des résultats et les prises de risques induites par le dépendant dans son activité professionnelle peuvent entraîner le licenciement. En cas de litige concernant un licenciement pour ébriété le juge prud’hommal s’assurera que cet usage n’a pas été toléré par l’employeur.
Celui-ci doit satisfaire aux exigences légales en matière de prévention de ce type de risque. L’employeur est en effet garant de la santé au travail de ses salariés. Le service de médecine du travail joue un rôle important dans la détection de la problématique alcool.
Que dit la loi ?
Article L122-40 :
«L’employeur peut prendre toute mesure pour sanctionner un salarié qui serait en état d’ébriété.»
Article L.232-2 :
«Il est interdit à tout chef d’établissement de laisser entrer ou séjourner dans son établissement des personnes en état d’ivresse.»
Depuis 2004, il existe des visites médicales «à la demande de l’employeur». Elles sont très utiles pour les problèmes d’alcool, l’employeur peut ainsi adresser un salarié au médecin du travail.
L’arsenal juridique, disciplinaire ne saurait en aucun cas remplacer une nécessaire prévention et un suivi du risque alcool en entreprise. Des études très sérieuses montrent que les interventions de courte durée en entreprises ainsi que la création de groupes de prévention alcool sont d’une très grande efficacité. Ces actions sensibilisent l’ensemble du personnel aux risques alcool pendant et en dehors du travail. Elles aident à protéger la santé mentale et physique des personnes et accompagne la bonne marche de l’entreprise en préservant les relations sociales et professionnelles.
Pour ce qui est de la prise en charge du malade alcoolique, cette démarche n’intervient qu’en dernier recours et doit, pour obtenir un résultat, avec l’accord de l’entreprise et l’adhésion du malade s’inscrire dans la durée.
Notre objectif : Accompagner les collaborateurs alcoolo-dépendants en vue de leur réadaptation au poste de travail.
Disponible 24h/24, 365j/an, le Cabinet prend en charge l’ensemble des dysfonctionnement privés et professionnels en coordonnant les actions de réseaux concernés, professionnels et associatifs, dans l’entreprise et à l’extérieur.



