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Accueil > Accompagner > Un salarié abstinent raconte
Je suis un miraculé !Stéphane, journaliste, est abstinent depuis 2003. Il raconte.
« Dans mon enfance, le vin faisait partie du quotidien. Il y en avait toujours sur la table. Je n’ai pas eu d’interdit clair par rapport à l’alcool. Mon père lui-même avait un problème avec le vin. Cela dit, jusqu’à l’armée, je n’avais jamais bu avec excès.
Hiroshima dans ma têteMais ça ne m’empêchait pas de travailler comme un fou. En fait, je fuyais dans le boulot. Je dormais même parfois au journal ! Il faut dire aussi que l’alcool faisait partie de la vie de l’entreprise : on faisait des conférences de rédaction au bistrot…Les quatre dernières années, j’essayais de résister pour ne pas boire le matin. J’avais honte, je n’osais pas en parler. Fin 2002, c’est l’alerte : durant un congrès, je me suis mis à trembler. Devant 150 personnes. Terrible. Ca s’est calmé quand je suis allé au café boire deux bières. Mais à partir de là, tout a basculé. Une nuit, je me suis retrouvé isolé dans mon 21e étage, avec l’envie de sauter. C’était Hiroshima dans ma tête. J’ai vidé toutes les bouteilles dans l’évier. Le lendemain, je suis arrivé au bureau dans un état épouvantable. Et j’ai craqué : crise d’hystérie, SAMU, hôpital…
Première tentative avortéeMon boss connaissait mon problème. Il faut dire que ma rédactrice en chef m’a beaucoup défendu et soutenu auprès de la direction. Quand j’étais au fond du trou, elle disait que l’on pouvait m’aider. Elle en a parlé avec les Ressources Humaines qui connaissaient le cabinet Hassé-Consultants. Avec Hassé-Consultants, ils avaient prévu toute une logistique en cas de crise. J’ai fait trois semaines d’hôpital.Mais je n’étais pas encore prêt à arrêter. Je suis très vite retombé dans le piège (avec de la bière sans alcool !). J’ai alors repris le chemin des bistrots. Quatre mois plus tard, j’étais en train de crever. Je ne pouvais plus me concentrer, je ne mangeais plus. J’avais perdu mon flair de journaliste. Je touchais le fond. Mais c’était la faute à tout le monde sauf à moi !
J’ai repris possession de mon corpsLe 9 avril, c’est l’aveu d’impuissance, je demande de l’aide. Le 10, j’avais mon premier rendez-vous avec Hassé-Consultants. J’étais comme un bébé, je faisais tout ce qu’on me demandait de faire. Ça a marché tout de suite car on m’a donné des clés : une méthodologie, des règles, des repères.Pendant des années, je me suis entubé bien fort en me disant que je n’étais pas alcoolique. Maintenant je suis arrivé à reprendre possession de mon corps. J’ai aussi arrêté de fumer ; je fais beaucoup de vélo.
Couper le cordon toxiqueLes Alcooliques Anonymes ont également été très présents. L’envie de boire dure pendant quelques mois. D’autant qu’il y a des sollicitations au travail. S’arrêter c’est comme une amputation : les gens vous disent qu’ils sentent encore leur membre absent. En finir avec l’alcool, c’est pareil. L’absence est là, toujours présente.Vous savez que vous allez vous priver d’alcool à vie, mais 24 heures à la fois. La méthode c’est de gérer au jour le jour. Je me sens comme un miraculé. J’ai coupé le cordon toxique. Et j’ai désormais un rapport plus sain au travail.»
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